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Gorges du Chavanon : Première acquisition par le Conservatoire d’espaces naturels du Limousin

Une des parcelles acquises par le CEN Limousin ; crédit photo : Lucie LECORGUILLE, CEN Auvergne



En Octobre 2017, le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) du Limousin vient de procéder à sa première acquisition dans les Gorges du Chavanon. Elle concerne une surface d’une 20aine d’hectares, sur la commune de Saint-Etienne-aux-Clos, en Corrèze. Cette action a pu se concrétiser grâce au contrat territorial 2015-2019 « Chavanon en action » coordonné par le Parc naturel régional de Millevaches en Limousin. Ce contrat signé en 2014, réunit une vingtaine de maîtres d’ouvrages. Tous ces acteurs, dont les CEN Auvergne et Limousin,  mènent des actions de préservation et de reconquête de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques de ce bassin versant, situé au carrefour des départements du Puy de Dôme, de la Creuse et de la Corrèze.

Un patrimoine naturel de grande valeur

Etant donné les enjeux liés à la fois à la ressource en eau et la biodiversité, le CEN Limousin a décidé d’apporter sa contribution à la préservation de ce site dont l’intérêt est largement reconnu par plusieurs inventaires officiels : au niveau européen, avec la désignation d’une partie des Gorges du Chavanon en 2012 au titre du réseau Natura 2000 ;  au niveau national, par le Ministère de l’Ecologie et du Développement durable puisqu’il s’agit  d’une Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique  Floristique et Faunistique (ZNIEFF) ; au niveau régional, par le Parc naturel régional de Millevaches en Limousin qui a inscrit dans sa charte les « Gorges du Chavanon » comme étant un de ses Sites d’Intérêt Ecologique Majeur (SIEM).

 

50 hectares préservés durablement

Cette acquisition complète celles déjà réalisées par le CEN Auvergne en rive gauche du Chavanon (près de 30 ha déjà acquis, côté Puy de Dôme). Ces deux opérations se confortent pour être cohérentes quant à la surface protégée et gérée durablement. Ce sont ainsi une cinquantaine d’hectares des Gorges du Chavanon qui sont aujourd’hui préservés, avec comme objectifs premiers la préservation de la ressource en eau et de la biodiversité.

 

Les parcelles acquises sont essentiellement des milieux forestiers (aulnaie-frênaie, hêtraie-chênaie) et des mégaphorbiaies. Toutes les parcelles sont concernées par des cours d’eau ou des écoulements : une parcelle constitue une rive du Chavanon sur un linéaire de 300m : les autres parcelles sont traversées ou riveraines de ruisseaux permanents ou temporaires pour un linéaire total d’environ 900 mètres.

 

Il faut souligner ici l’importance des suintements, rigoles, rus et ruisseaux pouvant représenter un linéaire extrêmement dense sur un territoire de tête de bassin, comme l’est le Chavanon : en l’occurrence 2,15km/km2 (BD Topo), à comparer à la moyenne en Limousin de 1,65km de cours d’eau/km2. L’ensemble de ces écoulements sont ainsi la genèse de la Loire ou de la Dordogne et sont responsables à hauteur de 70%, de la qualité et de la quantité des eaux, restituées en aval.

Les ruissellements provenant des talwegs boisés et ceux des affluents des rivières situées le long de versants boisés permettent une filtration des eaux provenant des plateaux qui sont le plus souvent agricoles. Le rôle des systèmes racinaires est également prépondérant pour la recharge hydrologique des nappes d’accompagnement des cours d’eau (voir photo ci-dessous).

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