Conservatoire Régional des Espaces Naturels du Limousin

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ADHESION 2012
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Agenda

Le 12-05-2012
Sonneurs, calamites : mystérieux habitants de la mare
Prospection des mares de la lande de la flotte et du cluzeau avec le GMHL. (http://gmhl.asso.fr)

RV 15h parking de la lande de la Flotte et du Cluzeau (Châteaux-Chervix/Meuzac)
Prévoir des bottes.

Renseignements : Guy Labidoire - glabidoire@conservatoirelimousin.com - 05 55 03 98 22

Le 25-04-2012
Tourbière des Dauges - Partez à la rencontre des habitants de la mare
La vie des grenouilles, tritons, crapauds et têtards qui peuplent la Réserve, vous sera expliquée tout au long de la promenade guidée par un naturaliste du Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin (G.M.H.L.). (http://gmhl.asso.fr)

RV 14h30 à la maison de la RNN de la Tourbière des Dauges - Saint-Léger-la-Montagne (87). Prévoir Bottes et vêtements chauds.

Renseignements : Muriel LENCROZ : mlencroz@conservatoirelimousin.com - 05 55 39 80 20

Le 20-04-2012
Le marais de la Glayeule au crépuscule
Découverte d'une nouvelle propriété du CREN dans la vallée de la glayeule où la nature reprend le dessus après modification de la rivière.
Sortie organisée en collaboration avec le GMHL (http://gmhl.asso.fr)

RV 19h à la mairie de Chamboret (87). Prévoir bottes et lampes

Renseignements : Guy Labidoire
glabidoire@conservatoirelimousin.com - 05 55 03 98 22

Le 01-03-2012
Lancement national Fréquence Grenouille - Tourbière des Dauges
Cette année le lancement national de Fréquence Grenouille aura lieu en Limousin le 1er mars à la tourbière des Dauges (Saint-Léger-la-Montagne, 87)

Le 12-02-2012
Restauration de la mare de Champs
Organisé par le CREN Limousin, la ville de Brive-la-Gaillarde et l'association Jardin sauvage, ce chantier bénévole va permettre de restaurer la mare communal de Champs pour favoriser la reproduction des batraciens.

RV 10h Ecoles des Vergnes (Vallée de planchetorte) Brive-la-Gaillarde (19).
Prévoir Bottes gants et pique-nique.

Renseignements : Mathieu Bonhomme : mbonhomme@conservatoirelimousin.com - 05 55 03 98 23

Le 04-02-2012
Saint-Paul - Randonnée
À l’occasion des 20 ans du Conservatoire
Régional des Espaces Naturels du limousin, et, de la journée nationale des zones humides, « La PIERRE FONTAINE»
en partenariat avec LA MAIRIE, RANDODOUSTRE, la FDAAPPMA, organise une RANDO CHALENGE sur le territoire de la commune, avec guides et conférenciers .

Renseignements contacts : 05.55.29.24.48 / 06.31.71.54.71
Inscription : 2€ / personne (conférence, gouter compris)
BUVETTE , ESPACES LIBRAIRIES

Le 02-02-2012
Journée Mondiale des zones humides - Marais du Brezou
Conférence/débat
Présentation des zones humides en Limousin et du marais du Brezou en particulier.
RV : 14h30 salle de réunion de la mairie de Chanteix
Renseignements : Erwan Hennequin, ehennequin@onservatoirelimousin.com - 05 55 03 98 23

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La truite fario

Salmo trutta

Rappelons tout d’abord que c’est la présence ou l'absence de ses milieux de vie qui ont servi de base au classement halieutique du cours d'eau en première ou deuxième catégorie. La Brame est en 1ère catégorie, sur toute sa traversée de la commune de Dompierre les Eglises et ce classement se poursuit jusqu’au pont de Beaubeyrot (Magnac- Laval), à 12 km en aval.

Sur ce secteur de la Brame, la Truite fario est encore LE poisson emblématique qui habite l’imaginaire des pêcheurs les plus âgés. Lorsqu’on rencontre l’un d’eux, il est difficile d’échapper à l’évocation de soirées mémorables où plusieurs dizaines de fario venaient garnir la gibecière des plus adroits d’entre eux.

FarioSouvent considérée comme une espèce très fragile, la truite possède pourtant une réelle capacité d'adaptation à des milieux variés pour peu que quelques exigences minimales y soient satisfaites. Il lui faut des eaux fraîches (moins de 20°) avec une certaine richesse en oxygène (> 6mg/l). Il lui faut aussi des fonds "propres" avec des graviers très grossiers ou des cailloux mais surtout pas trop de sables fins ou de limons. Cette dernière exigence vaut particulièrement pour la reproduction qui a lieu de Novembre à Février et pour laquelle les truites femelles ont besoin de radiers couverts de cailloux bien propres.

Comme c'est le cas pour beaucoup d'autres rivières limousines, Le cours de la Brame est jalonné de très nombreux obstacles. Certains sont naturels comme le fameux saut par lequel elle se jette dans la Gartempe. Cette suite de petites cascades dont la plus haute fait un peu plus d’un mètre de haut, constitue un premier obstacle la plupart du temps rédhibitoire.

FarioD'autres ont été construits par les hommes il y a parfois plusieurs siècles comme les très nombreuses chaussées des retenues qui alimentaient les moulins et la plus importante est celle de l'étang de Dompierre dont le déversoir de crue forme une cascade de 5 m de haut (cf. photo ci contre). Il faut cependant signaler qu’à partir de ce déversoir partait un chenal construit de main d’homme qui rejoignait la Brame plus d’un km à l’aval, avant le village de la Grange en épousant les courbes de terrain. Ce chenal alimentait un ancien moulin et servait aussi à l’irrigation des prairies de rive droite de la rivière. Il est fort probable qu’il était occupait par les truites et pouvait leur permette des mouvements dans les deux sens.

Jusqu’aux années 1960, les truites étaient très abondantes comme en attestent tous les pêcheurs locaux et en particulier Monsieur Audier, natif du Moulin de Dompierre et qui fréquente la Brame depuis 55 ans ; selon ses notes, l’ensablement de la rivière était « quasi nul » et sa profondeur moyenne était plus importante que maintenant avec en particulier des creux qui pouvaient atteindre 1,5m . Les parcelles du lit majeur étaient uniquement des prairies de fauche ou de pâture supportant des changements relativement faibles, la végétation riveraine était importante et variée et abritait de très nombreux insectes dont les poissons se nourrissaient. En plus de la Truite, on trouvait Vairons, Chevesnes et Gardons. Entre 1965 et 1985, un ensablement « léger et progressif » entraînant une diminution de la profondeur des trous les plus importants. Les peuplements piscicoles ont encore assez peu varié qualitativement mais les quantités diminuent, de manière particulièrement sensible en ce qui concerne les vairons.

Ces notes d’un pêcheur attentif sont corroborées par le résultat des pêches effectuées le 9 septembre 1980 par le Conseil Supérieur de la Pêche au Pont de Montulat sur la commune d'Arnac la Poste, et au Moulin Siquet, sur la commune de Saint-Hilaire la Treille, à quelques kilomètres en amont de Dompierre les Eglises.

9 septembre 1980
Pont de Montulat
(3km en amont de la Porte)
Nombre d'individus Poids moyen Poids total Taille moyenne Nombre estimé pour 1ha Biomasse estimée par ha
Truite fario (< 18cm) * 12 19.8 g 200 g 12.5 cm 167 3 300 g
Truite fario (> 18cm) 6 25 g 1 000 g 25 cm 83 13 500 g
Vairon 401 1.14 g 500 g 5.5 cm 11 472 50 700 g
Loche 243 3.2 g 800 g 7 cm
Goujon 182 13.2 g 2 400 g 11 cm


9 septembre 1980
Moulin Siquet
(3km en amont de la Porte)
Nombre d'individus Poids moyen Poids total Taille moyenne Nombre estimé pour 1ha Biomasse estimée par ha
Truite fario (< 18cm) 8 5.7 g 46 g 9 cm 160 900 g
Truite fario (> 18cm) 6 105 g 630 g 21.9 cm 120 12 600 g
Vandoise 6 16.5 g 120 g 12 cm 120 2 300 g
Chevesne 24 49.4 g 1 200 g 18 cm 480 23 700 g
Vairon 323 1.2 g 300 g 6 cm 9 680 38 900 g
Loche 45 2.4 g 100 g 7 cm
Goujon 116 13.1 g 1 500 g 11 cm
( * les truites sont séparées en 2 catégories de part et d’autre de la taille des 18 cm qui était alors la réglementaire de capture)

FarioLes femelles âgées d'au moins 2 ans pondent en novembre/décembre leurs quelques centaines d'œufs dans un cuvette bien marquée. Ils sont ensuite fécondés par la semence laiteuse épandue par les males puis recouverts de graviers grossiers et de petits cailloux par les femelles, formant de véritables nids. Les cailloux sont grattés avec le ventre et les nageoires juste en amont du nid et ces endroits ressortent sous forme de tâches claires très visibles sur les radiers, comme sur la photo ci contre pris en Novembre 2004 sur un des principaux affluents de la Brame. Après l'éclosion, les jeunes demeurent cachés dans les petits interstices entre les cailloux, se nourrissant du contenu de leurs sacs vitellins. La résorption de ces derniers a lieu au printemps et les alevins ont alors tendance à dévaler le cours d'eau à la recherche de milieux où s'installer (c'est l'un des moments où de nombreux obstacles peuvent les gêner).

Cette recherche de territoire entraîne donc une certaine concurrence qui peut se poursuivre pendant plusieurs années, l'augmentation de leur taille incitant les truites à rechercher des postes de plus en plus sûrs et riches en ressources.

La tendance à descendre le courant peut être très relative sur nos rivières: si le milieu est demeuré de bonne qualité et qu'existent, prés les unes des autres, des frayères correctes et de bonnes places de chasse, les truitelles savent tout à fait se contenter de faibles déplacements (F.Faubert- CSP 87, com.pers.).

Ensuite, arrivées à maturité, les truites adultes ont une nette propension à remonter vers les sources pour assurer la perpétuation de l'espèce. On pense qu'elles peuvent mémoriser l'endroit précis de leur naissance et chercher à y revenir.

Les obstacles sont depuis longtemps tellement nombreux le long de la Brame comme sur beaucoup d’autres rivières que l’on peut penser que des populations de truites avaient pu s'y développer sans contacts avec d'autres. L'évolution différenciée de populations isolées est un cas fréquent chez cette espèce et pose d'ailleurs de passionnantes questions de systématique.

Sur la Brame, dans sa traversée du site concerné par le plan de gestion, deux parties étaient plus particulièrement connues pour leur caractère favorable aux truites, il s’agit de la partie immédiatement en aval de l’étang de Dompierre (photo de gauche) et de la partie déviée qui alimentait un ancien moulin prés du Pont de fer. Ce chenal (photo de droite) est très connu localement sous le nom de "fausse rivière".

FarioFario

Deux secteurs de la Brame connus pour avoir été très riches en truites : la partie en aval de l’étang de Dompierre (à gauche) et la "fausse rivière" (à droite). Il s’agit de deux secteurs à courrant rapide avec de petits seuils naturels et de nombreuses caches sous les racines des grands arbres.

On peut penser que le projet global de reconversion du domaine agricole sera favorable à la qualité de la rivière mais des opérations spécifiques de restauration du milieu aquatique pour le rendre à nouveau très favorable aux truites seront nécessaires . Ce travail concernera la création de frayères, le traitement des berges, il sera effectué en lien avec les pêcheurs locaux (APPMA de Magnac Laval et de Saint Sornin Leulac) , leur fédération départementale et la brigade du Conseil Supérieur de la Pêche. Des pêches électriques d’inventaires auront lieu préalablement et permettront de juger la pertinence d’éventuels lâchers de truitelles.